Quel est le meilleur compresseur d'images ? La réponse dépend de l'image et de sa destination : un site marchand, un blog WordPress ou un portail administratif qui plafonne le poids des pièces jointes n'imposent pas les mêmes compromis. Nous avons comparé quatre outils gratuits (ImgCompress.app, TinyPNG, Squoosh et iLoveIMG) sur leurs limites, leurs formats et l'endroit où vos fichiers sont traités. Nous avons aussi mesuré, avec de vrais fichiers, ce que donne notre propre outil face aux encodeurs open source.
Un point de transparence d'emblée : nous développons ImgCompress.app. Les chiffres de ce comparatif ne portent que sur notre outil et sur des encodeurs libres. Pour les trois autres, nous n'avons relevé que ce que leurs pages officielles affirment, à la date du test.
Quel est le meilleur compresseur d'images selon votre besoin ?
Aucun outil ne gagne partout. Ce tableau résume nos conclusions, détaillées plus bas.
| Votre besoin | Notre choix | Pourquoi |
|---|---|---|
| Photos de blog ou de site, sans envoyer de fichier | ImgCompress.app | Traitement dans le navigateur, redimensionnement à 1920 px par défaut |
| JPEG plus léger que le nôtre | Squoosh (encodeur MozJPEG) | Traitement local, mêmes encodeurs libres que notre banc d'essai |
| Compression en masse, 20 images d'un coup | TinyPNG | Jusqu'à 20 images de 5 Mo chaque, sans compte |
| Un seul gros fichier, jusqu'à 200 Mo | iLoveIMG | Limite de 200 Mo par fichier sur l'offre gratuite |
| Logo ou capture d'écran en PNG | Un PNG à palette (libimagequant, utilisé par pngquant) | 26 à 32 ko contre 78 à 111 ko avec notre réglage par défaut |
| Fichiers confidentiels (contrats, pièces d'identité) | ImgCompress.app ou Squoosh | Aucun envoi sur un serveur |
Comment nous avons testé
Voici le cadre exact, pour que vous puissiez refaire la mesure.
Date et machine. Tests réalisés le 5 octobre 2026 sur un Apple M3 Max (macOS 26.7.1). ImgCompress.app tournait dans Chromium 154 piloté par Playwright, en local. Les encodeurs libres sont ceux de sharp 0.35.5 : mozjpeg, libwebp 1.6.0, aom 3.15.1 (AVIF) et libimagequant 2.4.1 (PNG à palette).
Images. Six fichiers, tous libres de droits :
| Fichier | Auteur et source | Licence |
|---|---|---|
| Paysage de lac, 5184 x 3456 | Bonnie Moreland, Wikimedia Commons | CC0 1.0 |
| Portrait, 8256 x 5504 | Wilfredor, Wikimedia Commons | CC0 1.0 |
| Chaussures, 4080 x 3072 | Syced, Wikimedia Commons | CC0 1.0 |
| Logo à fond transparent, 1568 x 1274 | Enzy Cell, Wikimedia Commons | CC0 1.0 |
| Image test Kodak n° 4, 512 x 768 | Eastman Kodak Company (r0k.us/graphics/kodak) | Usage libre, selon Kodak |
| Capture de notre page /compress, 1440 x 900 | ImgCompress.app | Travail original |
Réglages et métrique. ImgCompress.app avec ses réglages par défaut : qualité 0,8, 1 Mo visé, côté long limité à 1920 px. Pour juger la fidélité, nous utilisons le SSIM, un score de 0 à 1 qui indique à quel point le résultat ressemble à l'original (1 signifie identique). Il est calculé sur la luminance, à dimensions égales.
Ce que nous n'avons pas mesuré. Les sorties de TinyPNG, de la version web de Squoosh et d'iLoveIMG : aucun chiffre de notre part pour eux. Pas de test sous Safari ni Firefox, pas de sortie AVIF ou WebP de l'application, une seule exécution par ligne. Six images ne forment pas un échantillon statistique.
Les fichiers de test et les scripts sont listés dans nos notes de méthode, présentées sur la page À propos. Ce texte a été rédigé avec l'aide d'une IA, puis chaque chiffre a été recoupé avec les données brutes ou les pages officielles.
Ce que donne notre compresseur sur des photos
Avec les réglages par défaut, ImgCompress.app réduit nos trois photos de 89,7 à 98,7 %, en 88 à 694 ms par image.
| Photo | Avant | Après | Gain |
|---|---|---|---|
| Paysage | 2,78 Mo | 244,5 ko | 91,4 % |
| Portrait | 11,47 Mo | 150 ko | 98,7 % |
| Chaussures | 2,31 Mo | 243 ko | 89,7 % |
Ces gains viennent surtout du redimensionnement à 1920 px, pas de la compression elle-même. Cela convient à l'affichage sur un site, pas à une photo dont vous avez besoin en pleine définition pour l'impression.
À dimensions égales (1920 px), la comparaison avec mozjpeg à la qualité 80 est moins flatteuse pour nous :
| Photo | ImgCompress.app | mozjpeg q80 | Notre fichier plus lourd de | SSIM (nous / mozjpeg) |
|---|---|---|---|---|
| Paysage | 250 ko | 183 ko | 36 % | 0,978 / 0,978 |
| Chaussures | 249 ko | 183 ko | 36 % | 0,986 / 0,980 |
| Portrait | 154 ko | 93 ko | 66 % | 0,960 / 0,982 |
Notre outil s'appuie sur l'encodeur JPEG natif du navigateur. Un encodeur spécialisé comme mozjpeg produit des fichiers nettement plus légers. Sur le portrait, notre résultat est même plus lourd et moins fidèle. Si le dernier kilo-octet compte, passez par Squoosh.
PNG, WebP, AVIF : ce que changent les formats
Au format PNG, nous ne faisons que de la compression sans perte. Sur une capture d'écran de 98,4 ko, nous obtenons 78,5 ko (−20 %). Un PNG à palette (libimagequant, qualité 80) tombe à 32,2 ko (−68 %) pour un SSIM de 0,9985. Sur un logo avec transparence : 148 ko d'origine, 111 ko chez nous (−25 %), 26 ko en palette (−83 %). La palette limite l'image à 256 couleurs, ce qui est invisible sur une capture ou un aplat, mais pas sur un dégradé.
Pour les photos en pleine définition, les formats récents font la différence :
| Photo | mozjpeg q75 | WebP q75 | AVIF q50 | AVIF plus léger de |
|---|---|---|---|---|
| Paysage | 839 ko | n.d. | 447 ko | 47 % |
| Portrait | 1 534 ko | 1,10 Mo | 633 ko | 59 % |
| Chaussures | 521 ko | 347 ko | 228 ko | 56 % |
WebP est 28 à 33 % plus léger que mozjpeg sur nos trois photos, et AVIF environ moitié moins lourd que le JPEG pour un SSIM voisin. Cette métrique pénalise toutefois peu le lissage des textures propre à l'AVIF : regardez l'image à l'écran avant de valider. L'AVIF est aussi lent à produire : de 1,0 s (12,5 mégapixels) à 3,9 s (45 mégapixels) en natif, contre 0,2 à 0,4 s pour mozjpeg à 1920 px. Acceptable pour une image d'en-tête, pénible pour 500 fichiers. Sur les aplats, l'AVIF est le plus léger (13,3 ko pour le logo), mais le PNG à palette reste lisible partout.
Meilleur compresseur d'images : les quatre outils un par un
ImgCompress.app. Fonctionne dans le navigateur, sans compte. Entrées JPG, PNG, WebP et AVIF, sorties dans les mêmes formats. Limites : 10 fichiers par lot, 50 Mo par fichier. Notre convertisseur accepte en plus BMP, et, via ses pages dédiées, GIF, SVG ou HEIC. Pas d'API, pas d'application de bureau.
TinyPNG. Formats JPEG XL, AVIF, WebP, JPG, PNG et APNG. Gratuit jusqu'à 20 images à la fois, 5 Mo maximum chacune, sans compte. Les fichiers sont envoyés sur ses serveurs et conservés au plus 48 heures. Une API offre 500 compressions gratuites par mois.
Squoosh. Application open source de Google Chrome Labs. Le traitement est local : le dépôt précise que l'image n'est pas envoyée à un serveur. Elle utilise MozJPEG, WebP, AVIF et OxiPNG compilés en WebAssembly, donc les encodeurs de notre banc d'essai. L'outil en ligne de commande est abandonné, l'application web reste maintenue.
iLoveIMG. Page de compression pour JPG, PNG, SVG et GIF. L'offre Basic est gratuite (200 Mo par fichier, 30 tâches), Premium coûte 7 $ par mois et supprime les publicités. Les fichiers sont traités sur ses serveurs puis supprimés sous deux heures.
Vie privée : envoyer ou traiter sur place
Un compresseur d'image gratuit qui envoie vos fichiers ailleurs pose une question que le RGPD rend concrète dès qu'une photo montre une personne ou qu'un document contient des données personnelles.
| Outil | Où se fait le traitement | Conservation annoncée |
|---|---|---|
| ImgCompress.app | Dans le navigateur | Aucun envoi d'image |
| Squoosh | Dans le navigateur | Aucun envoi d'image |
| TinyPNG | Serveurs de l'éditeur | 48 heures au maximum |
| iLoveIMG | Serveurs de l'éditeur | Suppression sous 2 heures |
Dans nos six exécutions, nous n'avons observé aucune requête autre que GET et aucun corps de requête : les images sont lues comme des fichiers locaux. Pendant notre test (2026-10-05), le script de la bibliothèque venait de cdn.jsdelivr.net ; depuis, le site le sert depuis son propre domaine, donc la compression ne contacte aucun hôte tiers. Aucune image n'a été envoyée et nous n'avons relevé aucune requête POST. Vous pouvez le contrôler vous-même dans l'onglet Réseau des outils de développement.
Réduire le poids d'une image selon le cas
Réduire le poids d'une image n'a pas le même sens partout. Voici nos réglages par scénario.
Site e-commerce. Les photos produit gagnent à rester en JPEG ou WebP, à 1920 px de côté long au plus. Dans notre test, les trois photos passent sous 250 ko dans ce cas. Pour les fiches en masse, voir notre guide d'optimisation des images produit.
WordPress. Compressez avant l'envoi dans la médiathèque. Un côté long de 1920 px suffit dans la plupart des thèmes.
Pièces jointes d'e-mail. Le redimensionnement à 1920 px a ramené nos photos de 2,3 à 11,5 Mo à moins de 250 ko : de quoi joindre plusieurs images sous une limite d'e-mail courante. Gardez la pleine définition seulement si le destinataire doit imprimer.
Dossiers administratifs avec limite de poids. Un scan ou une photo de justificatif doit souvent tenir sous 1 ou 2 Mo. Compressez en local, vérifiez que le texte reste lisible à l'écran, et gardez l'original. Pour une capture en PNG, la palette libimagequant a donné 32,2 ko contre 78,5 ko avec notre réglage, pour un SSIM de 0,9985.
Pour comprendre les réglages de qualité, lisez nos bonnes pratiques de compression JPEG. Pour changer de format, le guide de conversion détaille les choix.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur compresseur d'images gratuit, sans envoi de fichiers ? Oui. ImgCompress.app et Squoosh traitent les images dans votre navigateur. TinyPNG et iLoveIMG les envoient sur leurs serveurs, avec une suppression annoncée sous 48 heures et 2 heures. Pour des documents sensibles, préférez le traitement local.
Comment compresser une image en ligne sans perdre en qualité visible ? Pour compresser une image en ligne, redimensionnez d'abord à la taille d'affichage réelle, puis choisissez un format adapté : JPEG ou WebP pour une photo, PNG à palette pour une capture ou un logo. Comparez toujours l'original et le résultat à l'écran.
Quelles sont les limites d'ImgCompress.app ? 10 fichiers par lot et 50 Mo par fichier. Les images dépassant 1920 px de côté long sont réduites par défaut. Nos fichiers JPEG sont aussi plus lourds que ceux de mozjpeg à dimensions égales.
WebP ou AVIF : lequel choisir ? Sur nos photos, WebP est 28 à 33 % plus léger que mozjpeg, AVIF environ 50 % de moins. AVIF demande plus de temps d'encodage et un contrôle visuel. WebP est le choix prudent, AVIF celui des pages où chaque ko compte.
En résumé
Le meilleur compresseur d'images est celui qui correspond à votre fichier. Pour une photo de site ou une pièce jointe sans envoi sur un serveur, ImgCompress.app suffit. Pour un JPEG plus léger, passez par un encodeur comme mozjpeg, que Squoosh embarque. Pour un lot de 20 fichiers sans compte, TinyPNG est pratique. Notre limite reste claire : nos JPEG sont plus lourds que ceux de mozjpeg, nos PNG ne passent pas par une palette, et l'essentiel du gain par défaut vient du redimensionnement. Essayez le compresseur sur vos propres fichiers et comparez.
